jeudi 30 juillet 2009

Kandinski > Elles@centrepompidou

Nous avons visité deux expos à Beaubourg. D'abord elles@, accrochage des artistes femmes dans les collections du musée. C'était corporel et même poilu, et en même temps bien trop intellectuel j'ai rien compris à la logique narrative du parcours. Je suis une tanche en histoire de l'art du XXe siècle, alors la contribution des femmes à ladite ça me passe au dessus. Parmi les deux étages d'oeuvres il y en a des mémorables, comme le grand tissage vulvaire noir en fibres d'amares récupérées ou le panneau lumineux à la Roy Lichtenstein à côté de l'affiche "What big muscles you have". La robe en boeuf mérite d'être vue aussi. La viande séchée fait beaucoup moins gore que fraîche, mais il reste un côté momie saisissant. Concernant les happening style "baiser de l'artiste, 5€", "le modèle nu enduit de colle à papier peint se roule dans du papier" ou bien "l'artiste en cuissardes évacue le cinéma porno une rangée à la fois en menaçant les spectateurs à la mitraillette", je trouve que des videos ou des photos d'un truc qui s'est passé il y a des dizaines d'années c'est forcément moins fort qu'une belle oeuvre matérielle.

Accords réciproques" (1942)

Et c'est là qu'on redécouvre Kandinski (1866-1944). La formule muséale fait déjà moins mal au pieds: un demi étage au lieu de deux, ainsi qu'à la tête: on suit le parcours artistique du maître dans l'ordre. L'expo montre bien ce qu'il a inventé, l'art abstrait lyrique, ainsi que les scènes de folklore russe d'où il venait et le surréalisme qu'il a assimilé ensuite. Nous avons longtemps eu les Accords Réciproques dans la chambre, et l'expo nous a permis de découvrir aussi ses toiles plus galactiques (sur fond sombre), celles avec des formes biomorphique molles, celles avec les douces couleurs pastel... J'adore son usage de la couleur, de la forme, de la composition: sa peinture quoi. Un Européen, il a vécu en Russie, en Allemagne et en France, pas engagé politiquement mais ayant beaucoup enseigné, ses deux écrits théoriques sur la peinture sont immortels.

Après nous avons dîné à Ze Restoo, rue des Blancs Manteaux: pas très éclairé sinon bon service et cuisine de qualité à prix correct dans le Marais, plein d'habitués. Et pris le dessert chez Pozetto, glacier italien rue du roi de Sicile: déraisonnable mais si bon.

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