mardi 27 janvier 2009

L'abbaye suite et fin

Voici l'église, le batiment le plus important (spirituellement s'entend) et malheureusement pas le mieux conservé:


Il reste la rosace magnifique. Les vitraux étaient simples, les moines n'avaient pas besoin des représentations des scènes bibliques comme dans les églises paroissiales populaires: ils savaient lire.


Le batiment était orienté vers Jérusalem. Paul devant l'autel, avec l'hotel en arrière plan. La pelouse c'était celle du cloître, il ne reste des galeries que le plan au sol.


Encore la nef, en vue extérieure. Aujourd'hui des arbres poussent dans le mur ! L'arc de gauche est en plein cintre, le deuxième est un peu ogival, et les suivants encore plus. C'est parce qu'ils ont commencé à construire leur église par le choeur (l'arrière où l'on chante quoi) à la fin de la période romane. D'où le plein ceintre. Au fur et à mesure des années, quand ils ont vu que Saint Denis tenait debout ils ont pris confiance et fini en gothique:


Et pour finir, la grande salle, là où les moines travaillaient. L'église est juste de l'autre côté de la pelouse, on perd moins de temps pour aller prier. Le bâtiment est semi-enterré, ce qui est fonctionnellement absurde en zone marécageuse, mais 1/ il y a étage pour le dortoir et 2/ il faut rester moins haut que l'église donc ils n'avaient pas trop le choix. La salle est modulable avec des tentures. Et bien sûr, les fenêtres c'est du luxe ostentatoire, donc on laissait ouvert l'été (de toute façon vu que c'est humide) et l'hiver on mettait du papier huilé.


C'est après la guerre de 100 ans qu'ils ont commencé à déchoir. Le roi nommait un abbé de commende dont la fonction principale était de percevoir 30%, et qui pouvait considérer que les 70% restant étaient aussi de son bénéfice. Crise des vocations pour se chanter la messe à 2h du matin et trimer toute la journée ! Pourtant on avait assoupli le réglement: le poisson c'est pas de la viande, donc il entre au menu. Et tant qu'on autorise ce qui est dans l'eau, on autorise donc ce qui vit sur l'eau, le canard est donc végétarien. Il y avait même paraît il des avantages en nature pour le frère chargé d'aller faire la messe toute la semaine au couvent de bonnes soeurs d'à côté. Bref c'était pas très catholique tout ça, et heureusement il y a eu les trappistes pour revenir dans le droit chemin quand les cistériens ont décadé.

Après la visite, thé au restaurant du chateau. La suite de la baronne est à 600€, mais il y a des forfaits dîner/nuit accessibles pour un week-end de détente chic (note pour Rose-Anne: en souvenir de notre nuit de noces !).

lundi 26 janvier 2009

Thibault de Marly et sa fontaine

Au début l'abbé était un moine parmi les autres, choisi pour son charisme. Il ne bénéficiait pas de privilèges parmi ses pairs. Les appartements de l'abbé étaient pour les visiteurs. Après sa mort, sa pierre tombale était intégrée dans le sol de l'église pour qu'on marche dessus, signe d'humiliation. Ci dessous celle de Thibault de Marly, abbé des Vaux de Cernay (et de Port-Royal qui en dépendant). Il n'y a pas de traces de pas, c'est parce que la pierre est restaurée et accrochée au mur de l'église en ruines. Remarquez la sobriété cistérienne.



Alors Tibault était un ami de Saint Louis (la preuve en peinture), et comme ce dernier n'arrivait pas à avoir d'héritier il aurait prescrit à sa femme Marguerite de Provence des prières et la vertu de cette eau:



Et là paf ça a marché, famille nombreuse. Du coup toutes les jeunes femmes du voisinage venaient accomplir des bains rituels de fertilité dans cette source. Ça distrayait trop les cénobites qui avaient fait voeu de chasteté, ils ont du faire un chemin muré ! Aujourd'hui c'est la fontaine Saint-Thibault. Aller encore une photo elle est trop mignonne:



Vous trouvez que la déco ne fait pas très cistérien ? En effet, les chapiteaux sont décorés c'est plutôt renaissance. En fait ce sont les restes des arcades du cloître reconstruit, que les Rotschilds ont retrouvé dans les ruines de la révolution et réutilisés pour faire la fontaine.

dimanche 25 janvier 2009

L'abbaye des Vaux de Cernay

En réaction au laisser aller de ses contemporains bénédictins (particulièrement l'ordre de Cluny), Robert de Molesme recadre à l'abbaye de Citeaux en 1098 une ascèse stricte selon la règle de Saint Benoît. Au moyen âge on avait une vision assez médiévale de la foi profonde: primes à 2h du matin, puis messe toute les 2 heures, un seul repas par jour en hiver (végétarien), ne pas se chauffer (on utilise un petit passe plat dans un mur aveugle pour que ne pas profiter de la chaleur de l'âtre de la cuisine dans la salle à manger), aucune décoration (pierre brute, bures couleur naturelle), dortoir collectifs, silence etc...

Le mouvement cistérien doit beaucoup ensuite à Bernard de Clairvaux (1090-1153), grand orateur intégriste, qui a notament prêché contre les cathares et pour la deuxième croisade. Une figure de son siècle, mais plus à droite y'a pas, et il ne devait pas trop rigoler (voir article 59 de la règle). Il a en particulier fait condamner le grand universitaire breton Pierre Abélard pour scepticisme et rationalisme en 1140.

Bref, quand à confie à une poignée de moines cistériens de la Manche un marécage au bas fond d'une forêt, (2009-1118 =) 891 ans après ça donne (remarquez la retenue d'eau à gauche qui garde l'abbaye plus au sec) :

De Abbaye des Vaux de Cernay


Evidement en 1791 tout a été démonté, et l'histoire de la propriété renaît à son rachat par la baronne Nathaniel de Rotschild en 1873 (une Rotschild de Paris qui avait épousé un Rotschild de Londres). Depuis 1988 c'est un (trois en fait) hotel de charme.

samedi 24 janvier 2009

Week end culturel

La forme revient, même si le nez est encore encombré. Pas encore partant pour des tours au Parc de Sceaux, mais akuna matata le petit marché du samedi matin, le cours de salsa du samedi après midi, les soldes du BHV, aller lire quelques BDs à la phn@k et voir 20th century boys. Un film japonais, normalement bizarre. Très marqué pour amateurs de sousculture manga, tous les phantasmes nippons défilent: zombies, exposion quasiatomique rayant le centre ville, attaque du robot géant, secte terroriste répandant ses armes chimiques.

Note à moi même pour un autre jour: avant d'aller à Ho Chi Minh City, passer chez Général Diffusion au 44 rue de Clery, M° Sentier/Bonne nouvelle.

dimanche 18 janvier 2009

Je vais meuh.

Le mieux dans la maladie c'est quand ça s'arrête. Diminuer les doses d'aspirine. La première douche après 4 nuits de frissons et de sueurs. Se raser. Redevenir humain. Cocher la case b: sur le formulaire satisfait ou remboursé du fabriquant de vaccin. Repasser mentalement les 10 volumes du cycle des Princes d'Ambre. Solidariser avec les autres qui sont passsés par là. Aller à des funérailles en étant content d'avoir soi même échappé à la mort pour quelque temps encore. La nouvelle année peut commencer pour de vrai maintenant. Vive le Buffle.

samedi 10 janvier 2009

Ecrit au chaud sous la couette

Bouh la vilaine grippe ! Ce matin réveil avec la gorge toute irritée, le dos courbaturé, mal à la tête, le nez bouché et la fièvre. Ce n'est pourtant pas une malheureuse petite flûte de champagne hier soir qui peut clouer ainsi au lit toute la journée. C'est plutôt le coup de froid hivernal qui traîne depuis novembre. Les vacances avaient fait du bien, mais j'ai pas mal couru cette semaine de rentrée: jusqu'à minuit lundi et mardi pour déposer le dossier de concours "Promotion Directeur de Recherche", un petit-déjeuner de travail à 7h30, couru les soldes rue de Rennes, couru dans la neige autour du lac de Vincennes. Pas de regrets ni de remords, mais un grand besoin de repos après avoir investit tant d'énergie.

Donc, zap le samedi. Dommage j'avais promis à Rose-Anne d'aller faire les soldes, le marché et puis c'était la reprise du cours de salsa. A la place je suis resté au chaud lire les tomes 2 et 3 des Princes d'Ambre de R. Zelazny. C'est lyrique, épique, parfois napoléonien, assez cultivé par endroits. Tiens ça va bien avec la pleine lune que j'aperçois par la fenêtre de la chambre.

Avant dans la semaine j'ai fini Stupeurs et Tremblements, d'A. Nothomb. Le récit m'a bien rappelé mon service militaire, la rigueur bureaucratique absurde, la question piège pour accueillir les bleus, j'avais aussi fini avec une brosse ils m'avaient demandé de repeindre les escaliers. Je crois que dans l'esprit des bordaches c'était l'humiliation suprème, ils ont dû être tellement dépités de constater que j'aimais bien faire de la peinture. Une différence toutefois c'est que sur mon bateau le pacha n'était pas aussi suprèmement illuminé bienveillant que dans le roman. IRL (in real life) Dieu n'est pas.

La semaine dernière, pendant les vacances donc, nous sommes allés voir Nobless Oblige parce qu'il faut bien culturer les enfants (et ceux de Marc0), mais erreur de séance, nous avons vu The Titfield Thunderbold à la place. C'est une comédie pour amoureux de la traction à vapeur, sisi. Film culte, monde disparu, campagne anglaise. Fin et délicat, mais en couleurs donc se laisse voir sans trop de baillements par des petits garçons du XXI siècle.

Meilleurs voeux de santé pour 2009, ça ne peut qu'aller mieux.

vendredi 2 janvier 2009

Au boulot, ça chauffe toujours !

Selon le dernier bulletin sur les gaz à effet de serre de l'OMM:

Les derniers chiffres révèlent que la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone a atteint 383,1 parties par million (ppm), soit une hausse de 0,5 % par rapport à 2006. Les concentrations d'oxyde nitreux ont atteint également des records en 2007, accusant une augmentation de 0,25 % par rapport à l'année précédente, tandis que pour le méthane la hausse a été de 0,34 %, la valeur record de 2003 étant battue. Selon l'indice annuel d'accumulation des gaz à effet de serre dans l'atmosphère (AGGI) de la NOAA, le réchauffement total induit par tous les gaz à effet de serre persistants s'est accru de 1,06 % par rapport à l'année précédente et de 24,2 % depuis 1990. Entre­temps, la lente diminution des concentrations de chlorofluorocarbures (CFC) s'est poursuivie du fait de la réduction des émissions consécutive à l'application du Protocole de Montréal relatif à des substances qui appauvrissent la couche d'ozone.

Depuis le milieu du XVIII siècle, la teneur de l'atmosphère en dioxyde de carbone a augmenté en flèche, la hausse à ce jour atteignant 37 %. En raison de la croissance démographique et de l'expansion des villes dans le monde, le recours aux combustibles fossiles tels que le pétrole, le charbon et le gaz naturel ne cesse de s'accroître, contribuant ainsi au rejet de dioxyde de carbone et d'autres gaz dans l'atmosphère. Par ailleurs, le défrichage des terres pour l'agriculture et le déboisement libère du dioxyde de carbone dans l'atmosphère tout en réduisant la fixation du carbone par la biosphère.

Alors que les concentrations atmosphériques du dioxyde de carbone et de l'oxyde nitreux augmentent régulièrement, la hausse de la concentration de méthane s'est ralentie durant la dernière décennie tout en accusant quelques fluctuations d'une année sur l'autre. L'augmentation de 6 ppb de la concentration de méthane entre 2006 et 2007 représente la plus forte hausse annuelle observée depuis 1998. Cependant, il est encore trop tôt pour affirmer que cette augmentation correspond au début d'une nouvelle tendance à la hausse de la teneur de l'atmosphère en méthane. Les activités humaines, notamment l'exploitation des combustibles fossiles, la riziculture, la combustion de la biomasse, la mise en décharge et l'élevage de ruminants, sont à l'origine d'environ 60 % du méthane atmosphérique, les 40 % restants étant imputables à des processus naturels tels ceux liés aux zones humides et aux termites.


Il reste du travail pour cette année...

jeudi 1 janvier 2009

Message de bonne année.


Photo (c) Rose-Anne, montage by Minh, Sarzeau, 2008