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jeudi 24 novembre 2011

Cailloux sénatoriaux

Le musée de minéralogie de l'école des Mines de Paris est un trésor méconnu du quartier latin. Il renferme la troisième plus belle collection de cailloux de France, après celle du Muséum et la mienne de quand j'avais 4 ans. Muséalement c'est à l'ancienne: des vitrines serrées au 1er étage d'un hotel particulier 1704 dans le jardin du Luxembourg. Notre guide était fascinant, il montre autant la beauté atomique des structures cristallines rares que les restes de la formation du système solaire, en passant par Huygens, les bijoux de la couronne et les couteaux d'obsidienne aztèques. Quelques échantillons mémorables:

  • Les granites à inclusions circulaires.
  • Les pépites et dendrites d'or et d'argent.
  • Les diamants bruts dans leur gangue de Kimberlite.
  • La tranche de météorite métallique avec ses olivines incluses.
  • Les fossiles d'arbres et de mollusques géants.
  • Les échantillons et l'histoire du mausolée de Napoléon.

En bref, l'exposition est comparable à la grande galerie du Louvre, il y en a pour plusieurs carrières. Ouvert au public, 6 euros, entrez par l'école des Mines au 60 bd St Michel. Profitez en avant qu'ils déménagent à Saclay !

mardi 18 octobre 2011

Parcours Saint-Germain

Il paraît que la Nuit Blanche était riquiqui cette année, noir de monde et peu d'oeuvres. Donc pas de regrets de s'être limité à un cocktail et un restau (non recommandable, à Cardinal Lemoine restez chez TB Jeune).

La semaine dernière j'ai demandé à l'accueil du Centre Pompidou ce qu'il y avait en entrée libre, la réponse m'a beaucoup déçu: Atelier Brancusi entre 14h et 16h. C'était mieux avant. Par contre pour les riches...



Ce soir on s'est fait le Parcours Saint Germain, une soirée de vernissages chez des grandes boutiques ouvertes tard pour l'occasion de la FIAC. Petits fours et cocktails à l'oeil au Lutécia pour les "Sculptures en CO2" de Ouest-Lumière (photo ci dessus. Et merci A.B. pour l'invitation). Visite à la suite 445 où on nous parle de filmer un barbu et un singe pendant 3 heures enfermés qui s'ennuient (c'est de l'AAAAAAAART). Sculptures en carton ondulé chez Sonia Rikel - la couleur mode cet hiver sera le gingembre. Distortions mentales de réalité chez Berluti, belles patines et beaux cuirs (même au sol). Pas mal de croco mais pas d'autruche ni de graîné, et plus de semelles à empreintes de loup. LV et Arthus Bertrand ne nous ont pas offert de goûter sans carton, alors on est rentrés en regardant l'expo photo sur les grilles du Luco qui est toujours aussi jolie même sous la pluie, en pensant aux pulls à 600€ et à ceux qui ont froid.

mercredi 13 juillet 2011

De Changwoon-si

Le haut fait du jour c'était la visite de Doosan Heavy Industries and Construction (si vous avez besoin d'une centrale nucléaire clé en main, vous pouvez penser à eux.) Le métal rouge de la cuve se forge avec un marteau de quatorze mille tonnes. BOUM !

Mission galettes accomplie: dîner dans un restaurant traditionnel coréen déchaussé assis par terre avec une vingtaine de plats ! Accomplies aussi: missions Abalone; Algues; Ginseng frais au Miel; Poulet aux pousses de Citronelle; Champignons Parfumés; Riz gluant enroulé d'algue; Thé doux floral etc...

En avant pour la mission Galbi !

lundi 20 juin 2011

Rembrandt et le christ, Le Lorrain et le paysage

Le Louvre propose en ce moment en salle Napoléon deux expos temporaires: Rembrandt et la figure du Christ, Claude le Lorrain le dessinateur face à la nature. La première pourrait plaire aux amateurs d'histoire de l'art religieux, mais personnellement j'ai trouvé que le message était un peu léger et le ton forcé. Le contenu pourrait faire un bon article de 5 pages en comptant les illustrations, mais justifie difficilement le prix du billet. L'autre expo est plus facile à voir pas prise de tête: ordre chrono-biographique, toiles de maître de beaux paysages ensoleillés et perspectives romaines. Si on zappe les dessins pour se concentrer sur les toiles ça va vite c'est frais.

Enfin deux petites expos de 4 salles font toujours moins mal à la tête que le tour de la Grande Galerie, et si c'est quand même un peu le cas en sortant c'est facile d'aller se poser et se reposer au bar d'un grand hotel.

vendredi 31 décembre 2010

Billet balai

L'année se termine par une semaine au centre de vacances du CAES CNRS à Aussois. Repos nécessaire et mérité je crois. Retrouvailles familliales après un automne au bord de la folie. Snowboard pour les garçons et ski pour la dame.



Beaucoup de temps pour relire les aventures de Corto, Rahan, le Vent des Dieux... la bibliothèque du centre est petite mais bien approvisionnée. J'ai aussi dévoré deux romans (merci Franck !)

Saturn's Children de Charles Stross. Le scénario manque d'originalité, c'est surtout la visite du système solaire qui fait l'intérêt du livre.

Distraction de Bruce Sterling. L'action se passe dans un futur proche, sans être postapocalyptique dans lequel le capitalisme souffre d'une crise systémique constitutionnelle. Le héros réforme le système de recherche national --sujet d'actualité-- dans un décor alliant communautés virtuelles exacerbées et bioneurotechnologie. De la bonne science fiction comme on en refait aujourd'hui, post-new age, et en plus l'auteur utilise plein de mots rares ça fait Bostonien.

Côté ciné on a regardé La Route et The Chaser mais seulement le début. Je n'ai jamais bien compris l'intérêt d'écouter des histoires de tueur en série de travailleuses de la nuit et de cannibales qui pourchassent les enfants ! Quoique j'avoue avoir vu le dernier Harry Potter en entier ce mois ci...

Bon réveillon à tous et une excellente nouvelle année !

dimanche 4 juillet 2010

Zep > Mona Lisa s'éclate

Encore une soirée d'anniv bien arrosée hier soir. Je n'ai pas trop perdu la main pour sabrer le champagne, par contre il faut vraiment falloir se mettre à réviser pour le rock. Pas de mal aux cheveux ce matin, j'ai bu beaucoup d'eau il parait que c'est le secret pour éliminer l'alcool.

Petit déj tout seul dans l'appart endormi avec les boites frigo des restes de la semaine. Du carpaccio, au fond c'est une façon d'accomoder la vieille bavette parce que la viande bien mûre est plus tendre et mieux marinée. Des poireauxècarottes vinaigrettes de jeudi, depuis que j'ai remarqué qu'ils vendent les poireaux déjà coupés à la longueur de la cocotte c'est trop facile à préparer et se garde bien. Et un reste de rôti dans le filet, à l'Intermarché 30€ le kilo soit 10 de moins que chez mes bouchers habituels. Cuit 20mn à 240°C avec sa garniture, un régal. Après le billet j'irais chercher le pain et les viennoiseries.

Au niveau culturel on est allé faire les soldes avec Paul hier. Il s'est habillé pour l'été: caleçon de bain, T shirt, polo. J'en suis déjà à un T-Shirt à 20€ et une chemise à 15€, crise économique et puis avec le voyage prévu à TPHCM le mois prochain, je prévois d'aller à Saint Pierre (marché de tissus) plus qu'à Saint Paul (tailleur gay du marais). Rien de visible au ciné, donc on s'est rentré.

Fini Monal Lisa s'éclate de W. Gibson. Le style est prenant mais c'est vraiment pour geek et il faut avoir lu les deux premiers épisodes. Le Happy sex de Zep (Titeuf pour adultes) est bien plus marrant et accessible. Pas romantique, pas cochon non plus, encore moins transgressif, juste drôle genre blagues de blondes trouvées sur internet.

samedi 5 juin 2010

Rapport sur le passage de l'allumeuse cigarière au parc de Sceaux

Merci Rosie pour l'invitation en plein air hier ! Désolé nous n'avons pas pris de photos. Et si on est parti avant la fin tragique, c'est parce qu'il se faisait tard, mais ça m'a un peu arrangé parce que je préfère les histoires qui finissent bien et pas dans le désordre de l'acte 4... Quoique Romeo et Juliette ça finit aussi dans le sang, mais au moins c'est pas la Jalousie qui triomphe.

La Carmenita de PPDA et Manon Savary joue pieds nus, montre la cuisse et lapdance Don Jose dans les formes, mais les metteurs en scène n'ont pas cédé à l'exhibitionisme pour autant: ça reste soft quand ils décorent l'avant-scène avec des couples qui se calinent au début de l'acte 2. J'espère que la mode de déshabiller les acteurs-rices est passée pour de bon.

Auditivement c'est de l'opéra et en plein air, donc il y a des passages où il faut tendre l'oreille pour comprendre. Surtout a) quand il y a un gros porteur pour Villacoublay qui passe au dessus et b) la partie de la soprano, c'est physiologique. J'ai apprécié le choeur des enfants pendant la relève de la garde avec des voix en contre-harmonie et un jeu moqueur sans marche au pas cadencé. A d'autres moments on était plus dans le bazard quand tout le monde chantait en même temps, mais c'est mon côté "à l'Opéra on dort mal, de toutes façons".

L'ouverture est trop scies, en revanche j'ai beaucoup aîmé l'entracte avant l'acte III (pour l'écouter, .ogg de wikimedia), ça m'a rappelé les thèmes romantiques Star War (John Williams tu es découvert !).

Au niveau visuel c'était évidement magnifique avec les éclairages du château derrière la scène, les haies d'arbres sur les côtés, la nuit tombante et les cieux qui renouvellent sans cesse l'ambiance. Il y a dû avoir du progrès technique sur la sono parce que les HP étaient tout discrets. C'était fastueux --on était dans la cour d'honneur-- mais pas somptuaire --ostentoirement nos impôts en action.

dimanche 23 mai 2010

Où sont-ils ?



Dans un jardin mondialement célèbre,



devenu infréquentable en saison tant les touristes débarquent par paquebots,



dont les vues sont accrochées aux Tuileries et en face,



la capitale des impressionnistes.

Bon, c'est trop facile, je ne vous donne pas la solution. Question banco: comment qu'on appelle à Paris la passe de salsa cubaine que prennent les modèles sur la photo ?

Pancake.

samedi 15 mai 2010

Le sens du gâteau

Hier nous avons déjeuné dans un traiteur restaurant asiatique de Nogent sur Marne, un attentat à la gastronomie comme il en existe tant d'autres à Paris. Je pense particulièrement aux Cha Gio réchauffés au micro-onde, dans le bol de boboun en plastoc avec les pousses de soja et la salade au fond tant qu'on y est. En dessert, puisqu'il faut bien arriver à 7€50 le montant de nos Chèques Restaurant (à un carambar près), E*** avait pris un cône coco (une boule coco, mais trop irradiée) et cette sorte de patisserie rectangulaire plutôt plate, constituée d'une couche jaune prise en sandwich entre deux couches blanc opalescent, le tout enveloppé dans une feuille de cellophane, dont l'étiquette à l'encre rouge suggère une élaboration à Ivry/13e ainsi que la présence de soja et de goût bananoïde dedans.



Le sens de ce met ne vous est probablement pas inconnu, mais pour le cas où des lecteurs-rices différement culturés consulteraient cette colonne, je voudrais rappeler ici en substance comment tenter d'atténuer, auprès des collègues dont la couleur est plus celle des couches extérieures que du milieu, le choc culturel causé par l'aliment qui ne s'insère nulle part dans les réseaux mémoriels gustatifs ouesteuropéens. Dire donc que l'arôme artificiel de banane est un substitut, qui renvoie au souvenir d'une confection traditionnelle emballée en vraies feuilles d'arbres, difficiles à trouver en masse à pas cher sous nos climats, surtout cette année (de source généralement bien informée). Dire aussi que la dégustation devrait se faire par petits fragments d'environ 1cm3. Et enfin révéler ce n'est pas un dessert, mais un accompagnement du thé de courtoisie, qui ne peut s'apprécier véritablement qu'après une bonne marche dans la jungle, ou deux heures de route sauvage à bord un bus soviétique, sur une petite table en bambou et de petits tabourets. Car tel est le sens du gâteau, merci de votre attention.

samedi 1 mai 2010

Bonne fête du travail

Aujourd'hui on ne fait rien pas parce qu'on a le bras cassé, mais parce que c'est la fête du travail.

Ce matin, visite des jardins et musée Albert Kahn à Boulogne Bilancourt avec Rose-Anne. Est à Vaux-le-Viconte ce que Fictions est aux Misérables. Un sommet de l'art topiaire pour 1€50, avec en prime une exposition d'autochromes de la Bretagne. Particulièrement démonstratif quand à la différence entre jardin anglais/français/japonais/alpin, avec en plus les serres et les bandes taillées. Il faut revenir en toutes saisons, en plus c'est fort pratique d'accès par la N118.

Cet après midi, l'Homme de Fer Deux avec Paul (toujours platré au bras gauche, mais n'a pas mal du tout. Edit: belle fracture non ?). Pour les amateurs de lasers, d'accélérateurs de particules, d'exposition nonuniverselle et de drones, le divertissement se laisse regarder et écouter, on ne s'ennuye pas.

mercredi 14 avril 2010

Quelques lectures

Je recommande sans réserves la série des Fables de Bill Willingham. Rien qu'en le revoyant sur mon bureau, j'ai encore rêvé la nuit dernière de quintuplés métamorphes lupins (pour ceux qui n'ont pas suivi l'histoire, cf. les septs charmants bambins de Blanche Neige et le Grand Méchant Loup dans la série).

Toujours en BD, je signale le 3e tome d'Avant le Rilge qui se laisse lire même si c'est plus du Soleil que du Grand Prix d'Angoulême. Et jd'ai enfin mis la main sur les 4 tomes du Cycle de Cyann (merci PriceMinister) qui sont bien un chef-oeuvre de la science fiction, j'ai hâte de les relire encore une fois.

Côté non-fiction, la séquelle SuperFreakonomics: Global Cooling, Patriotic Prostitutes, and Why Suicide Bombers Should Buy Life Insurance de Levitt et Dubner verse nettement dans le commercial: très porté sur le sexe et la provocation, quitte à parler plus des travaux des autres que de ceux des comme solution peu chère au changement climatique relèvent de l'intégrisme technicoéconomiciste ou de la volonté de faire du ramdam en chatouillant les écolos. Ouvrage intéressant dans l'ensemble, surtout si on aime la démystification soft qui ne vire pas dans la paranoïa.

En roman j'ai eu du mal à me lancer dans le Leviathan de Paul Auster, mais en commençant par le milieu c'est passé tout seul en une soirée. Faut dire que je suis un peu amorti ces jours ci, avec le refroidissement et trop la fête la semaine dernière, donc ambiance lecture à la maison++ L'histoire est bien tarabiscotée voire surréaliste. Le narrateur raconte le destin de son ami Ben, objecteur de conscience qui se jette du 4e étage pour pêché de concupiscence, alors qu'il n'a pas de problème que son ami et sa femme tombent dans les bras l'un de l'autre en son absence si ça les rend heureux. La chute de Ben est causée par le personnage phare du livre, Maria, portrait de la fameuse artiste conceptuelle Sophie Calle (vous l'avez vue accrochée à Beaubourg ?). Maria, maîtresse du narrateur mais amoureuse de Ben. Ben tue l'ex de l'amie de Maria, un écolo-terroriste, puis tente en expiation de prendre auprès d'elle la place du père, sans succès. Il finit anarchiste, plastiqueur de Statues de la Liberté, dans un accident de travail. Il y a de quoi alimenter des heures de discussion sur le couple, l'amitité, l'identité, la quête du sens de la vie.

samedi 12 septembre 2009

Nous autres

de Eugène Zamiatine: le roman préféré de mon ami M***0, le mathématicien qui habite au soleil. Dans cette dystopie qui a précédé 1984 et Le Meilleur des Mondes, on ne dit pas "individu" mais "numéro". Les Horaires des Chemins de Fer sont considérés comme des écritures saintes, "2+2=4" est un sujet de poésie géniale et on se promène en rang par quatre de 17:00 à 17:59 précises avant de dîner (15 mastications par bouchée, en rythme). Les Gardiens veillent à l'Ordre, la concierge doit lire le courrier avant de le remettre, et pour le sexe il faut remplir le formulaire rose au bureau de coordination (concevoir est criminel bien sûr). Evidement les rebelles n'ont aucun mal à recruter: le numéro moyen étant tout à fait désarmé contre les affres de la Passion il suffit d'enjôler avec des sourires. La fin de l'histoire est ouverte: grande lobotomie collective contre la révolution, mais on ne sait pas qui gagne.

Il n'y a pas d'ordinateurs, l'oeuvre date du temps de la règle à calcul, c'est encore un peu steampunk mais déjà moderne. Mais s'il y avait un Ordinateur il serait votre ami c'est sûr (blague réservée aux amateurs du jeu de rôle Paranoïa).

Ulysse n'a pas le droit de regarder l'intégrale de Secret Story sur tf1.com , okay ?

dimanche 6 septembre 2009

Fictions

Celui qui n'a pas lu le conteur ultraïste argentin extraordinaire, n'a rien lu. Je n'avais donc rien lu avant 40 ans. Fictions plane au même niveau littérairement stratosphérique que Moby Dick, en plus distillé. Si vous avez les deux volumes des oeuvres complètes de Borges en Pleiade et ne savez pas quoi en faire, prévenez moi (ça vaut une petite fortune depuis que la veuve s'oppose à la réédition).

vendredi 4 septembre 2009

Expo photos au centre culturel du Vietnam à Paris

Retour du vernissage de l'expo photo Les charmes du Vietnam. C'était marrant tout le monde était à tchatcher au buffet dans le couloir, par ailleurs décoré de jolies affiches. Il n'y avait personne dans la salle où étaient accrochées les photos, mis à part une télé qui passait en boucle un reportage culturel sur le VN en espagnol. Les tirages sont très bien, le cadre les couleurs et tout ça. Les sujets sont méga classique de chez la brochure, comme le titre d'ailleurs. Donc au programme: Ha Long, minorités ethniques, portraits d'art, sports, industries, mer et agriculture (dans l'ordre et dans le sens des aiguilles d'une montre). Vaut le détour si vous passez dans le quartier de la Porte d'Italie, entrez au 19 rue Albert (parallèle à la rue de Patay). Après avoir rempli le coffre de bouffe chez Tang, c'est gratuit de se remplir les yeux et le coeur des beautés du pays.

dimanche 14 juin 2009

Cérémonie à la pagode

Pour les absents, quelques impressions de la cérémonie à la pagode de Bagneux. Il fait beau. Dix minutes de voiture, on retrouve Ulysse qui arrive avec ses grands parents, sa tante et un oncle d'Amérique pour qu'il se change en habits moins "de rider" sur le trottoir, et on arrive devant un pavillon aux grilles de fer forgé en forme de lotus. Les grandes portes de la salle de prière sont juste en face dudit portail, mais on va faire un curieux petit circuit en passant par l'entrée de service: les stands, les cuisines, le vestiaire, le sous sol où les tables sont mises, et le palier où l'on se déchausse.

Volée de marches: au moins 100 personnes, la salle est comble. Bac Hien y exerçait comme assistante laïque tous les dimanches depuis des années. On a bien fait de laisser sa veste au vestiaire, même dans le courant d'air de la fenêtre on n'a pas froid du tout. Le dress code est informel: les habitués sont en robe très simple, grise pour les laïcs et safran pour les moines. Je suis presque trop habillé en chemise noire à rayures grises et cravate noire, mais bon assis par terre en chaussettes et en pantalon anthracite et antédiluvien ça va.

La déco est pagodale: dans les dorés et rouge. Deux grands autels au milieu et au fond, trois moyens autels sur les côtés, et un tout petit autel près de l'entrée. Chacun avec ses statues, ses lampes florales, ses offrandes fruitières et toujours florales. Le mur droit est décoré de portraits photographiques, celui de Bac Hien y sera bientôt c'est sûr. On pourrait avoir plus de hauteur sous plafond pour tout ce monde, mais ça ferait moins pavillon de banlieue extérieurement.

A 11 heures et quelques le bonze entre, et lance l'opération de quelques phrases au micro. Toute la cérémonie se déroule en vietnamien avec des passages en sanscrit translittéré en vietnamien. Quand toute la salle glossolalise c'est impressionnant, cf. les scènes de culte dans Indiana Jones and the Temple of Doom. Le texte n'est pas en vers, mais plus que très allitéré et il y a des bis, des ter et même un (30 fois). De temps en temps on se lève, on se rassoit, on fait quelques courbettes (agenouillées pour les purs et durs, inclinées pour les autres). Le rythme est marqué par les percussions sur le tronc en bois et le bassin de cuivre. Bref, tout comme à l'église de Bretagne c'était insupportable pour les enfants -Ulysse a dit qu'on ne l'y reprendrait plus- mais je ne me suis pas ennuyé. J'ai tout psalmodié en coeur avec le livre de prières sur les genoux sans comprendre un seul mot. Le moment le plus bizarre était quand on a distribué des tablettes rouges aux participants en deuil qui les ont gardé en équilibre sur la tête jusqu'à la fin.

Ensuite il y avait distribution de bandanas de deuil (blancs), mais je n'ai fait que la distribution de mouchoirs pour les demoiselles qui pleurent, avant de redescendre en crypte voir ce que les soeurs avaient préparé de bon. Pendant la lecture de la liste des vivants qui s'associent à la cérémonie, et après avoir remis mes chaussures, nous avons donc ouvert une table dans la rangée 'famille'. Menu végétarien bien sûr: paillassons de carottes croustillants, soupe aux asperges et au crabe (mais avec du tofu à la place du crabe), des champignons avec du tofu en sauce au poivre concassé très piquant, très parfumé, sauté de légumes. Le tout accompagné de riz blanc et d'eau. Au dessert, du chè ngoai (je crois que ça s'appelle comme ça parce que j'en avais acheté la veille un pot chez Tang Frères à Ivry) avec des prunes et des graines de lotus. C'était très digeste et sans trop de MSG parce qu'on n'a pas eu mal à la tête après.

En résumé beaucoup de monde, une cérémonie simple et authentique, longue mais pas trop et un repas délicieux pour finir. Ça m'irait tout à fait pour mon enterrement.

samedi 16 mai 2009

Samedi soir sur la terre

Bon je vais pas vous dire que je suis encore sorti deux fois cette semaine, vous allez croire que je ne fais que ça. J'ai aussi secrétarié un conseil de laboratoire, porté le drapeau au colloque refondateur de l'Institut Ecologie Environnement, encadré mon stagiaire de l'ENSTA, envoyé une demande de bourse pour une doctorante Tunisienne, inscrit les garçons en colo, passé la Honda à un ami qui en a besoin depuis qu'il s'est fait emboutir sa Nissan, le tout en gérant une petite angine qui devrait partir bientôt avec du repos j'espère.

N'empêche que tous les deuxièmes jeudi du mois, Jacques Benhamou et ses amis du Five O'Clock Jazz Group swinguent au Petit Journal Saint Michel, salle d'une grande facilité d'accès même quand il pleut puisque sise juste en face de la sortie du RER. Le plan dîner+concert revient assez cher (surtout x2), mais dessert+concert 20€ ça va. Les beurre-sucre à emporter de leur box à crêpes sont aussi goûteuses, plus que celles qu'on trouve près du gazebo au jardin sénatorial d'en face après avoir vu Gran Torino aux 3 Luxembourg.

vendredi 8 mai 2009

Markowski, RBVB, El Diab'litho Latino, Astier et Star Trek

Chez Astier: restaurant de cuisine traditionnelle à Paris depuis 1956, au 44 rue Jean-Pierre Timbault. Ils ne plaisantent pas avec les quantités: les harengs pomme à l'huile viennent dans une terrine de deux litres remplie à raz bord, le plateau de fromages fait 60cm de diamètre, rempli sur deux couches et ils le laissent à table ! Le service est pro, souriant mais sans rire et ils supportent les Félix.

Markowski: boutique de chaussures en ligne depuis 2008. Je suis passé au show-room rue du Paradis pour acheter une paire de mocasssins avec la semelle picots, talon conducteur. C'est Marcos Fernandez lui même, le créateur qui me l'a vendue (fort bien d'ailleurs, il haut niveau en commercial en plus d'être maître en conception et réalisation de souliers en cuir de qualité).

RBVB: spectacle de danse de la compagnie Abou Lagraa - La Baraka, éclairé en Rouge / Bleu / Vert / Blanc. On s'est un peu assoupi dans la première partie du spectacle, un solo de danse académique sur une musique classique contemporaine. C'est ensuite qu'arrive le trio de hip-hop qu'on est venu admirer, et là pas de déception ils bougent comme des extra terrestres.

El Diab'litho Latino: dancing ambiance salsa, avec restaurant buffet et cours pour commencer la soirée. La première demi-heure j'avais l'impression d'être tombé dans un film, la salle est assez grande mais tellement bondée que la température est tropicale. Pas cher, pas snob et ça bouge sans contrefaçon. Evidement c'est bien différent de ce qu'on apprend en cours, les styles et les rythmes sont bien plus variés.

Star Trek: série culte de space-opera, aventures d'une bande de jeunes en pyjamas de couleurs et de formes auriculaires diverses. Le dernier long métrage est bon, hyper traditionnel, sauf la scène où l'on parlait Klingon qui été coupée au montage.

lundi 20 avril 2009

Peu de finesse dans ce monde de brute

La comédie, en théorie plus c'est gros, plus c'est drôle. Exemple: OSS 117 Rio ne répond plus qui est encore plus lourdingue que l'épisode précédent, et justement on n'a pas arrêté de rigoler pendant tout le film. Ambiance 60s très réussie, vues du Corcovado magnifiques.

Mais en fait, pas toujours, ça dépend aussi du jeu des acteurs. Contre exemple: J'aime beaucoup ce que vous faites, à la Comédie Caumartin. On s'amuse bien quand même, mais est-ce que la troupe m'a semblé manquer de flamme parce que c'est la 1800e représentation ? Ou alors peut être que j'étais pas vraiment dans l'esprit, avec le concours de promotion "Directeur" qui approche et tout ça ?

mardi 14 avril 2009

Vues au Betpak Dala

Histoire universelle dans la steppe kazakhe: un plouc avec de grandes oreilles (dommage !) veut devenir un homme. Mais rude est la Voie du Berger, et grande est la tentation de partir A La Ville. Cette oeuvre est un témoignage ethnoculturel d'un mode de vie tellement autre, un monde où l'on peut chanter a capella à tue tête sans déranger les voisins parce qu'il n'y en a pas à moins d'un jour de marche. C'est du cinéma hyperréel, avec la peau, les mouches, les tourbillons de poussière, et beaucoup de chameaux. Bref pour changer d'air allez voir Tulpan, et en prime vous saurez tout sur l'obstétrique caprine et la drague en yourte.

mardi 7 avril 2009

Purple and high

Sortie jazzy en famille du samedi soir: le Franck Tortiller Quartet au Sceaux What, la petite salle des Gémeaux. L'ambiance est meilleure que la grande salle. Sans être serrés on est tout proche des musiciens. Il faut même faire attention à ne pas pincer le cable du micro quand on pose ses pieds sur le bord de la scène. La chef est vibraphoniste, son pote est batteur, l'invité suisse est trompettiste/bugle et le petit jeune bassiste. L'ingénieur du son fait des miracles pour équilibrer les instruments. Enfin presque toujours, parce que quand ils jouent les Red Hot Chili Peppers à la fin là le batteur se lâche et écrase un peu tout. Les autres morceaux sont moitié rock/pop genre Muse, Prince et compagnie, moitié créations maison. C'est assez intéressant, il ne se laisse pas enfermer dans les standards ni dans la virtuosité pour le plaisir.