dimanche 14 juin 2009

Cérémonie à la pagode

Pour les absents, quelques impressions de la cérémonie à la pagode de Bagneux. Il fait beau. Dix minutes de voiture, on retrouve Ulysse qui arrive avec ses grands parents, sa tante et un oncle d'Amérique pour qu'il se change en habits moins "de rider" sur le trottoir, et on arrive devant un pavillon aux grilles de fer forgé en forme de lotus. Les grandes portes de la salle de prière sont juste en face dudit portail, mais on va faire un curieux petit circuit en passant par l'entrée de service: les stands, les cuisines, le vestiaire, le sous sol où les tables sont mises, et le palier où l'on se déchausse.

Volée de marches: au moins 100 personnes, la salle est comble. Bac Hien y exerçait comme assistante laïque tous les dimanches depuis des années. On a bien fait de laisser sa veste au vestiaire, même dans le courant d'air de la fenêtre on n'a pas froid du tout. Le dress code est informel: les habitués sont en robe très simple, grise pour les laïcs et safran pour les moines. Je suis presque trop habillé en chemise noire à rayures grises et cravate noire, mais bon assis par terre en chaussettes et en pantalon anthracite et antédiluvien ça va.

La déco est pagodale: dans les dorés et rouge. Deux grands autels au milieu et au fond, trois moyens autels sur les côtés, et un tout petit autel près de l'entrée. Chacun avec ses statues, ses lampes florales, ses offrandes fruitières et toujours florales. Le mur droit est décoré de portraits photographiques, celui de Bac Hien y sera bientôt c'est sûr. On pourrait avoir plus de hauteur sous plafond pour tout ce monde, mais ça ferait moins pavillon de banlieue extérieurement.

A 11 heures et quelques le bonze entre, et lance l'opération de quelques phrases au micro. Toute la cérémonie se déroule en vietnamien avec des passages en sanscrit translittéré en vietnamien. Quand toute la salle glossolalise c'est impressionnant, cf. les scènes de culte dans Indiana Jones and the Temple of Doom. Le texte n'est pas en vers, mais plus que très allitéré et il y a des bis, des ter et même un (30 fois). De temps en temps on se lève, on se rassoit, on fait quelques courbettes (agenouillées pour les purs et durs, inclinées pour les autres). Le rythme est marqué par les percussions sur le tronc en bois et le bassin de cuivre. Bref, tout comme à l'église de Bretagne c'était insupportable pour les enfants -Ulysse a dit qu'on ne l'y reprendrait plus- mais je ne me suis pas ennuyé. J'ai tout psalmodié en coeur avec le livre de prières sur les genoux sans comprendre un seul mot. Le moment le plus bizarre était quand on a distribué des tablettes rouges aux participants en deuil qui les ont gardé en équilibre sur la tête jusqu'à la fin.

Ensuite il y avait distribution de bandanas de deuil (blancs), mais je n'ai fait que la distribution de mouchoirs pour les demoiselles qui pleurent, avant de redescendre en crypte voir ce que les soeurs avaient préparé de bon. Pendant la lecture de la liste des vivants qui s'associent à la cérémonie, et après avoir remis mes chaussures, nous avons donc ouvert une table dans la rangée 'famille'. Menu végétarien bien sûr: paillassons de carottes croustillants, soupe aux asperges et au crabe (mais avec du tofu à la place du crabe), des champignons avec du tofu en sauce au poivre concassé très piquant, très parfumé, sauté de légumes. Le tout accompagné de riz blanc et d'eau. Au dessert, du chè ngoai (je crois que ça s'appelle comme ça parce que j'en avais acheté la veille un pot chez Tang Frères à Ivry) avec des prunes et des graines de lotus. C'était très digeste et sans trop de MSG parce qu'on n'a pas eu mal à la tête après.

En résumé beaucoup de monde, une cérémonie simple et authentique, longue mais pas trop et un repas délicieux pour finir. Ça m'irait tout à fait pour mon enterrement.

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