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vendredi 31 décembre 2010

Billet balai

L'année se termine par une semaine au centre de vacances du CAES CNRS à Aussois. Repos nécessaire et mérité je crois. Retrouvailles familliales après un automne au bord de la folie. Snowboard pour les garçons et ski pour la dame.



Beaucoup de temps pour relire les aventures de Corto, Rahan, le Vent des Dieux... la bibliothèque du centre est petite mais bien approvisionnée. J'ai aussi dévoré deux romans (merci Franck !)

Saturn's Children de Charles Stross. Le scénario manque d'originalité, c'est surtout la visite du système solaire qui fait l'intérêt du livre.

Distraction de Bruce Sterling. L'action se passe dans un futur proche, sans être postapocalyptique dans lequel le capitalisme souffre d'une crise systémique constitutionnelle. Le héros réforme le système de recherche national --sujet d'actualité-- dans un décor alliant communautés virtuelles exacerbées et bioneurotechnologie. De la bonne science fiction comme on en refait aujourd'hui, post-new age, et en plus l'auteur utilise plein de mots rares ça fait Bostonien.

Côté ciné on a regardé La Route et The Chaser mais seulement le début. Je n'ai jamais bien compris l'intérêt d'écouter des histoires de tueur en série de travailleuses de la nuit et de cannibales qui pourchassent les enfants ! Quoique j'avoue avoir vu le dernier Harry Potter en entier ce mois ci...

Bon réveillon à tous et une excellente nouvelle année !

dimanche 4 juillet 2010

Zep > Mona Lisa s'éclate

Encore une soirée d'anniv bien arrosée hier soir. Je n'ai pas trop perdu la main pour sabrer le champagne, par contre il faut vraiment falloir se mettre à réviser pour le rock. Pas de mal aux cheveux ce matin, j'ai bu beaucoup d'eau il parait que c'est le secret pour éliminer l'alcool.

Petit déj tout seul dans l'appart endormi avec les boites frigo des restes de la semaine. Du carpaccio, au fond c'est une façon d'accomoder la vieille bavette parce que la viande bien mûre est plus tendre et mieux marinée. Des poireauxècarottes vinaigrettes de jeudi, depuis que j'ai remarqué qu'ils vendent les poireaux déjà coupés à la longueur de la cocotte c'est trop facile à préparer et se garde bien. Et un reste de rôti dans le filet, à l'Intermarché 30€ le kilo soit 10 de moins que chez mes bouchers habituels. Cuit 20mn à 240°C avec sa garniture, un régal. Après le billet j'irais chercher le pain et les viennoiseries.

Au niveau culturel on est allé faire les soldes avec Paul hier. Il s'est habillé pour l'été: caleçon de bain, T shirt, polo. J'en suis déjà à un T-Shirt à 20€ et une chemise à 15€, crise économique et puis avec le voyage prévu à TPHCM le mois prochain, je prévois d'aller à Saint Pierre (marché de tissus) plus qu'à Saint Paul (tailleur gay du marais). Rien de visible au ciné, donc on s'est rentré.

Fini Monal Lisa s'éclate de W. Gibson. Le style est prenant mais c'est vraiment pour geek et il faut avoir lu les deux premiers épisodes. Le Happy sex de Zep (Titeuf pour adultes) est bien plus marrant et accessible. Pas romantique, pas cochon non plus, encore moins transgressif, juste drôle genre blagues de blondes trouvées sur internet.

mercredi 14 avril 2010

Quelques lectures

Je recommande sans réserves la série des Fables de Bill Willingham. Rien qu'en le revoyant sur mon bureau, j'ai encore rêvé la nuit dernière de quintuplés métamorphes lupins (pour ceux qui n'ont pas suivi l'histoire, cf. les septs charmants bambins de Blanche Neige et le Grand Méchant Loup dans la série).

Toujours en BD, je signale le 3e tome d'Avant le Rilge qui se laisse lire même si c'est plus du Soleil que du Grand Prix d'Angoulême. Et jd'ai enfin mis la main sur les 4 tomes du Cycle de Cyann (merci PriceMinister) qui sont bien un chef-oeuvre de la science fiction, j'ai hâte de les relire encore une fois.

Côté non-fiction, la séquelle SuperFreakonomics: Global Cooling, Patriotic Prostitutes, and Why Suicide Bombers Should Buy Life Insurance de Levitt et Dubner verse nettement dans le commercial: très porté sur le sexe et la provocation, quitte à parler plus des travaux des autres que de ceux des comme solution peu chère au changement climatique relèvent de l'intégrisme technicoéconomiciste ou de la volonté de faire du ramdam en chatouillant les écolos. Ouvrage intéressant dans l'ensemble, surtout si on aime la démystification soft qui ne vire pas dans la paranoïa.

En roman j'ai eu du mal à me lancer dans le Leviathan de Paul Auster, mais en commençant par le milieu c'est passé tout seul en une soirée. Faut dire que je suis un peu amorti ces jours ci, avec le refroidissement et trop la fête la semaine dernière, donc ambiance lecture à la maison++ L'histoire est bien tarabiscotée voire surréaliste. Le narrateur raconte le destin de son ami Ben, objecteur de conscience qui se jette du 4e étage pour pêché de concupiscence, alors qu'il n'a pas de problème que son ami et sa femme tombent dans les bras l'un de l'autre en son absence si ça les rend heureux. La chute de Ben est causée par le personnage phare du livre, Maria, portrait de la fameuse artiste conceptuelle Sophie Calle (vous l'avez vue accrochée à Beaubourg ?). Maria, maîtresse du narrateur mais amoureuse de Ben. Ben tue l'ex de l'amie de Maria, un écolo-terroriste, puis tente en expiation de prendre auprès d'elle la place du père, sans succès. Il finit anarchiste, plastiqueur de Statues de la Liberté, dans un accident de travail. Il y a de quoi alimenter des heures de discussion sur le couple, l'amitité, l'identité, la quête du sens de la vie.

mercredi 7 octobre 2009

En attendant la douche

après le jogging (1 seule douche pour 100 travailleurs, c'est réglementaire ?), je vous recommande le film District 9. Intéressant dans sa forme postmoderne assez canonique: le cameraman fait partie de l'histoire, la sculpturalité des aliens ne manque ni de tentacules ni de carapace, et le grand méchant conglomérat capitaliste très cruel et corrompu a pris la place du gouvernement. Le message subliminal sur la dureté de la vraie vie de réfugié en camp mérite aussi d'être expliqué aux ados: nous sommes allés le voir quelques jours après la fermeture de la jungle de Calais.

Difficile de lacher le 4e tome des aventures de Thursday Next (voir billet précédent) une fois ouvert, je l'ai dévoré en quelques jours. L'histoire de ce volume se passe dans le monde réel. On est plus dans le roman d'action, un peu moins original peut être.

vendredi 2 octobre 2009

Lost in a good book and The Well of Lost Plots

Le voyage et le repos forcé suite au voyage, ça donne du temps pour lire la suite des aventures de Thursday Next, détective littéraire. Le second était bien, mais j'ai trouvé le troisième encore mieux. L'action se déroule un peu dans les rêves de l'héroïne, mais principalement dans le BookWorld&m,dash;le monde où vivent les personnages de la littérature anglaise quand ils ne travaillent pas à être lus. En plus des petits jeux de langage purs, l'intrigue est pétrie de références externes comme un all-star movie qui se passerait à Hollywood, et le tout est récursif puisque le roman est évidement présenté lui même comme un produit de BookWorld.

samedi 12 septembre 2009

Nous autres

de Eugène Zamiatine: le roman préféré de mon ami M***0, le mathématicien qui habite au soleil. Dans cette dystopie qui a précédé 1984 et Le Meilleur des Mondes, on ne dit pas "individu" mais "numéro". Les Horaires des Chemins de Fer sont considérés comme des écritures saintes, "2+2=4" est un sujet de poésie géniale et on se promène en rang par quatre de 17:00 à 17:59 précises avant de dîner (15 mastications par bouchée, en rythme). Les Gardiens veillent à l'Ordre, la concierge doit lire le courrier avant de le remettre, et pour le sexe il faut remplir le formulaire rose au bureau de coordination (concevoir est criminel bien sûr). Evidement les rebelles n'ont aucun mal à recruter: le numéro moyen étant tout à fait désarmé contre les affres de la Passion il suffit d'enjôler avec des sourires. La fin de l'histoire est ouverte: grande lobotomie collective contre la révolution, mais on ne sait pas qui gagne.

Il n'y a pas d'ordinateurs, l'oeuvre date du temps de la règle à calcul, c'est encore un peu steampunk mais déjà moderne. Mais s'il y avait un Ordinateur il serait votre ami c'est sûr (blague réservée aux amateurs du jeu de rôle Paranoïa).

Ulysse n'a pas le droit de regarder l'intégrale de Secret Story sur tf1.com , okay ?

dimanche 6 septembre 2009

Fictions

Celui qui n'a pas lu le conteur ultraïste argentin extraordinaire, n'a rien lu. Je n'avais donc rien lu avant 40 ans. Fictions plane au même niveau littérairement stratosphérique que Moby Dick, en plus distillé. Si vous avez les deux volumes des oeuvres complètes de Borges en Pleiade et ne savez pas quoi en faire, prévenez moi (ça vaut une petite fortune depuis que la veuve s'oppose à la réédition).

lundi 31 août 2009

Comme un lundi de rentrée

Ça va doucement quoi. On écrit son blog à la pause de midi.

Après un départ de week end un peu assommé par le ti-punch vendredi soir chez les amis de ma dame, nous avons embrayé sur un rythme tout doux. Le highlight du samedi était la rencontre de C*** et R*** au marché: nouveaux voisins, nouveaux mariés, deux tourteraux adorables. Dimanche nous avons voulu aller au Hammam des "Bains du Marais". Chic et cher, mixte, textile, et prétenduement ouvert en août mais seulement du mardi au samedi (c'est pas marqué sur leur site web évidement). On n'y retournera pas une autre fois. Le plan B comme "piscine Josephine Baker" est aussi tombé à l'eau (normal pour une piscine qui flotte). Finalement j'ai eu le plaisir de découvrir le hammam de la Grande Mosquée de Paris, qui n'est pas mixte lui. Le forfait entrée + gommage + massage 10mn + savon noir + thé est à presque deux billets bleus. C'est pas donné non plus mais un voyage hors du temps ça n'a pas de prix, et on peut rester alangui au calme toute l'après midi à lire ou écouter sa musique en buvant de l'eau de source.

Côté roman j'ai donc enfin pris le temps de finir le dernier David Lodge "Deaf Sentence" (merci pour les jeux de mots). C'est l'histoire d'un chercheur du département d'anglais, comme toujours chez Lodge, frustré de tout les côtés. D'abord il devient sourd, ça assure le côté comique du livre. Le côté tragique c'est sa famille, avec la fin de vie de son vieux père dont la chute progressive vient faire écho à celle de sa première femme. Côté boulot c'est pas terrible non plus, le héros est en retraite anticipée alors que sa femme Fred vient d'ouvrir une boutique de décoration à la mode. En plus elle s'est mise à l'aérobic et est passée chez le chirurgien, alors que lui est allergique au Viagra. Et quand il boit un peu trop, hé bien il est encore plus frustré. Le vieux prof est aussi poursuivi une étudiante prénomée Alex, un autre personnage réccurent chez Lodge. Celle ci tente sans succès de valoriser les atouts de sa jeunesse pour faire écrire sa thèse par les vieux barbons. Le point fort du roman c'est le sujet de thèse: l'analyse stylistique des notes de suicide. Une bonne idée ne suffit pas à sauver un roman.

mardi 24 mars 2009

Un Nobel pour se motiver

Une des plus belles histoires d'amour jamais écrites. Une prose inoubliable. Dans une petite ville des Caraïbes, à la fin du XIXe siècle. L'amoureuse en épouse un autre, lui l'attend toute sa vie. Pour s'occuper il gravit les échelons dans la boite de son père naturel, et s'entraîne à tomber les femmes, surtout les veuves, de manière totalement amorale. Voyages en bateaux fluviaux et transatlantiques. Maisons bourgeoises mais aussi bordel et taverne. C'est:
L'amour au temps du choléra, de Gabriel Garcia Marquez.

samedi 10 janvier 2009

Ecrit au chaud sous la couette

Bouh la vilaine grippe ! Ce matin réveil avec la gorge toute irritée, le dos courbaturé, mal à la tête, le nez bouché et la fièvre. Ce n'est pourtant pas une malheureuse petite flûte de champagne hier soir qui peut clouer ainsi au lit toute la journée. C'est plutôt le coup de froid hivernal qui traîne depuis novembre. Les vacances avaient fait du bien, mais j'ai pas mal couru cette semaine de rentrée: jusqu'à minuit lundi et mardi pour déposer le dossier de concours "Promotion Directeur de Recherche", un petit-déjeuner de travail à 7h30, couru les soldes rue de Rennes, couru dans la neige autour du lac de Vincennes. Pas de regrets ni de remords, mais un grand besoin de repos après avoir investit tant d'énergie.

Donc, zap le samedi. Dommage j'avais promis à Rose-Anne d'aller faire les soldes, le marché et puis c'était la reprise du cours de salsa. A la place je suis resté au chaud lire les tomes 2 et 3 des Princes d'Ambre de R. Zelazny. C'est lyrique, épique, parfois napoléonien, assez cultivé par endroits. Tiens ça va bien avec la pleine lune que j'aperçois par la fenêtre de la chambre.

Avant dans la semaine j'ai fini Stupeurs et Tremblements, d'A. Nothomb. Le récit m'a bien rappelé mon service militaire, la rigueur bureaucratique absurde, la question piège pour accueillir les bleus, j'avais aussi fini avec une brosse ils m'avaient demandé de repeindre les escaliers. Je crois que dans l'esprit des bordaches c'était l'humiliation suprème, ils ont dû être tellement dépités de constater que j'aimais bien faire de la peinture. Une différence toutefois c'est que sur mon bateau le pacha n'était pas aussi suprèmement illuminé bienveillant que dans le roman. IRL (in real life) Dieu n'est pas.

La semaine dernière, pendant les vacances donc, nous sommes allés voir Nobless Oblige parce qu'il faut bien culturer les enfants (et ceux de Marc0), mais erreur de séance, nous avons vu The Titfield Thunderbold à la place. C'est une comédie pour amoureux de la traction à vapeur, sisi. Film culte, monde disparu, campagne anglaise. Fin et délicat, mais en couleurs donc se laisse voir sans trop de baillements par des petits garçons du XXI siècle.

Meilleurs voeux de santé pour 2009, ça ne peut qu'aller mieux.

samedi 27 décembre 2008

Going postal ?

Ces dernières années je profitais de la trève des confiseurs pour lire beaucoup, mais ce Noël ci moins. J'essaye de faire du ménage dans mon emploi du temps, dans ma vie en fait. Il faut préparer un dossier de promotion pour le 5 prochain qui fera aussi guise de rapport d'activité à 4 ans. J'organise un congrès début Avril, il faut envoyer les invitations. Nous finissons d'éditer un livre avec Naceur. Nous sommes aussi sur le marché pour une voiture neuve et un logement plus grand. Plus la paperasse habituelle financiéro fiscale, les tracasseries de gestion de projet, d'équipe, de labo, et même d'évaluation de la recherche en général. Le tout en continuant à produire des articles bien entendu. Du coup le projet de roseraie en Tunisie risque de passer au placard, il va falloir diminuer ma contribution au projet Openmoko et j'ai commencé à rendre des livres de la pile sur mon bureau sans les ouvrir.

Quand même j'ai fini Post Office (1971), le premier roman de Bukowski. Le texte est assez court, autobiographique et fait vite écrit à côté de La Plus Belle Fille de La Ville. Il faudra que je mette la main sur ses poêmes, ils sont certainement mieux.

mercredi 12 novembre 2008

The Eyre Affair - A Thursday NEXT Novel, by Jasper Fforde

L'action prend place dans une angleterre alternative et dans Jane Eyre. L'héroïne est une vétérante policière de la brigade littéraire, son papa agent de la chronogarde en fuite, et le super-vilain un génie du mal invulnérable proprement cauchemardesque. Le continuum spatio-temporel se rapprochant plus du plat de spaghettis que du gentil cône de Lorentz (mais on apprend que pour golder les failles, un ballon de basket suffit) la poursuite se fait en plusieurs (temps|dimensions|réalités). A la fin chacun retrouve sa chacune et il reste quelques énigmes pour le volume II.

Les +: un livre original qui réussi à mélanger loups garous, discussions théoriques sur Shakespeare, politique-fiction...
Les -: la culture me manque pour comprendre les autres 95% de références litéraires.

jeudi 30 octobre 2008

Little brother de Cory Doctorow

H*** m'avait dit "Il faut absolument que tu lise ça !" et elle avait raison, je l'ai dévoré en une journée. C'est un pamphlet plus qu'un roman. Le titre est ouvertement Orwéllien. L'action tourne autour de la défense des droits civiques face au grand méchant DHS (Department of Homeland Security).

lundi 27 octobre 2008

Eastern Standard Tribe, aussi de Cory Doctorow

Ce roman court est téléchargeable légalement sur la homepage de l'auteur. L'action se situe dans un futur proche, sur des thèmes startup/téléchargement/web social. Le héros est si déjanté que l'action commence sur le toit de l'asile où il est enfermé après avoir tenté de régler son compte à son traître de business associé à grand coup de hache néolithique. Ceci lu, le style est intéressant si on a le background culturel, mais je pense que “Dans la dèche au Royaume Enchanté" doit être mieux.

dimanche 19 octobre 2008

Nation, de Terry Pratchett

Un peu comme un conte de Noël 2004, l'histoire commence par une grande vague qui emporte tout avec elle sauf le héros et l'héroïne, dont elle dépose la nef dans la montagne de l'île. Locaha, la MORT personifiée si présente chez l'auteur, est dans le livre la puissance la mieux servie, il y a des pirates et des cannibales. La grande partie de l'humour vient du choc culturel entre la Lady victorienne et les moeurs des naturels, mais la Couronne d'Angleterre s'en sort, avec honneur et sans frémir de la lèvre supérieure même. La fin de l'histoire est rebondie, c'est bien emballé.

J'ai eu la première édition hardback chez Doubleday, un papier durable au toucher agréable. La mise en page colle bien avec le contenu, notament par l'emploi de la police Adobe Caslon qui fait bien 18e siècle (wikipedia) et des illustrations dans le style gravure.

mardi 14 octobre 2008

Richard Dawkins - The Selfish Gene

Richard Dawkins - The Selfish Gene. Edition du trentième anniversaire (pas de chapitre en plus comparé à la seconde édition de 89). Incontournable monument de la pensée scientifique du XXe siècle sorti en 1976.
* Nous (individus) ne sommes que des véhicules construits par nos réplicateurs (gènes).
* Les mêmes sont aussi des réplicateurs, mais immatériels.
* (rappel de bio) Le mâle c'est celui qui produit beaucoup de gamètes bon marchés, la femelle c'est celle qui investit et fait du lourd.
* La différence entre un parasite et un symbiote, c'est que les gènes du second se reproduisent par la même voie que ceux de l'hôte.
* Il y existe des fragments d'ADN qui peuvent entrer, sortir et sauter entre chromosomes.
* L'opportunité (adaptative) d'un comportement doit s'évaluer pour les gènes, pas pour l'individu: on pondère espérance des coûts et bénéfices par la distance génétique des individus impactés (ego = 1 > frères = parents = 0.5 > cousins = 0.25), en tenant compte de la probabilité de reproduction (enfants > ego > parents).

Lecture un peu longue, l'angle commence à dater. Quand il fait de la théorie des jeux dynamiques, c'est moins drôle. La plupart des idées ayant été largement redites par d'autres, certaines pages de vulgarisation ne sont plus vraiment indispensables, et que de circonvolutions pour éviter les modèles mathématiques. Le dernier chapitre est à cet égard plus frais. Dans les livres écrits par un naturalistes, on aime bien les exemples bizarres de comportements de nos amis les bêtes: espèce de fourmis parasitique régicides, mante, coucous...

samedi 26 juillet 2008

Sur "The Years of Rice and Salt" de K. S. Robinson

LE XXIe siècle c'est la globalisation. On joue à civilisation et les auteurs de science-fiction écrivent des histoires du monde alternatives sans la chrétienté, après avoir écrit la terraformation de Mars en rouge-vert-bleu. En illustration j'aurais pu vous mettre le globe terrestre vu de l'espace, mais je trouve que cette image fait trop cliché de la fin des années 60 (la couverture du rapport Bruntland). La première banque d'images publique qui vient à l'esprit est celle de la NASA, mais de ce côté ci de la mare la belle galerie de photos est celle de l'ESA. Le planisphère du relief et le composite en fausses vraies couleurs sont toujours aussi beaux mais j'ai la même au mur du cabinet de lecture, on la trouve dans tous les magazines. Voilà quelque chose de plus scientifique, je vous laisse deviner quoi c'est une moyenne annuelle mais saisonnière.

Image: ESA (2003)

Pour en revenir au roman, il est bon comme les loukoums rapportés par mon doctorant Vietnamien du dernier congrès mondial des économistes de l'énergie à Istambul (surtout ceux au lichi, merci beaucoup). On suit la réincarnation des héros, sur 10 générations, jusqu'à l'ère atomique en commençant à l'époque de l'amiral Zeng He. A propos on devrait voir aux JO une réplique d'un de ses fameux vaisseaux, quatre fois plus longs que les caravelles et 90 ans avant. Dans le roman c'est un amiral vietnamien au service de l'empereur de Chine qui découvre l'Amérique.

La réincarnation est une croyance très très répandue ici bas. Bon d'accord, pas trop en Bretagne par chez nous on croit plutôt à la resurrection, se relèver dans son propre corps immortalisé pour le jugement dernier etc. Mais les Slaves, les Latins et les Germains sont éliminés de la partie par la peste noire au premier chapitre et on n'en parle plus (il reste quelques Celtes). La doctrine musulmane est aussi plutôt la resurrection, mais la réincarnation est présente dans le soufisme et c'est justement la branche suivie par les héros. Après il y a la métempsychose, qui est la réincarnation de l'âme à laquelle croient les hindous, à distinguer de la métensomatose qui n'est que la réincarnation de l'esprit à laquelle croient les bouddhistes puisqu'il n'y a pas d'âme.

Références: L'article de Huntington 93 dans Foreign Affairs sur le choc des civilisations est dispo via l'Internet Archive. Lire aussi Braudel (1987) Grammaire des civilisations.

lundi 14 juillet 2008

Sur The Tipping Point, de Malcom Gladwell

L'ouvrage traite de la propagation des idées et des modes dans le réseau social. C'est un über-manuel de marketing avoué.

Les personnages sont très colorés. DeeDee Gordon, le modèle IRL pour Cayce Pollard, l'héroïne de Pattern Recognition, celle qui est chasseuse de cool et allergique au Bibendum Michelin. Paul Revere le leader indépendantiste américain fameux pour sa chevauchée nocturne de 1775, voir le poème qui l'a immortalisée. Bernhard Goetz qui a shooté quatre délinquants qui l'aggressaient dans le métro New Yorkais et a été considéré par beaucoup de voyageurs comme un héros. On croise aussi la grande prétresse des Ya-Ya vers la fin.

On sent bien que l'auteur travaille au New Yorker. Une plume de journaliste, lecture facile en deux jours. Le seul ralentissement, c'est qu'on s'interrompt pour prendre des notes toutes les trois pages. Certains thèmes abordés par son collègue dans Freakonomics sont aussi discutés avec des explications différentes, en particulier pour Kitty Genovese (30 témoins, personne ne prévient la police) et la chute de la criminalité.

Pour en venir aux idées du bouquin, la théorie c'est que la propagation d'une innovation est non linéaire. Il y a des équilibres multiples, avec un état où la dissémination s'épuise et un état où elle s'étend et envahit la population. Le tipping point, c'est le moment de la bifurcation au sens de la théorie des catastrophes. Le moment où la sensibilité de l'état final aux paramètres est maximale. L'auteur présente trois facteurs clé:

The Stickiness Factor. C'est la probabilité conditionnelle dans:
P(contaminé) = P(exposé) * P(contaminé | exposé)

Il y a des idées qui sont plus virulentes que d'autres, qui restent plus longtemps, qui sont plus contagieuses.

The Law of the Few.
Les réseaux sociaux sont en général maillés très irrégulièrement. Il y a toujours une poignée d'individu qui ont un maximum de liens. L'auteur distingue:
- Les Connecteurs, ceux qui connaissent tout le monde
- Les Vendeurs, qui ont de l'entregent
- Les Experts, un peu maniaques quand ils décident de s'intéresser à un sujet (Marco ?).
Les Connecteurs contaminent beaucoup parce qu'ils ont un grand carnet d'adresse, les Vendeurs et les Experts parce que la probablité conditionnelle de transmettre l'idée à la personne en face d'eux est élevée. Le Vendeur pour des raisons psychologiques, l'Expert pour des raisons rationnelles.
La Loi des petits nombres, c'est qu'il faut recruter les innovateurs dans ces trois catégories, et qu'ils sont en minorité. Ce n'est pas possible de pousser une idée aux masses directement, les consommateurs sont immunisés aux spams de nos jours.
L'auteur définit aussi une catégorie de Traducteurs, ceux qui sont capables de simplifier un produit intéressant pour une minorité d'innovateurs d'élite en produit intéressant les masses. J'espère qu'on en trouvera pour le Openmoko Neo Freerunner parce que le wiki est pas très grand public en ce moment.

The Power of Context.
Il est dit que l'environnement mental est déterminant. Pour les ados, les copains sont plus déterminant que les parents par exemple.

Références
L'auteur cite le sociologue Mark Granovetter et Thomas Schelling. Les réseaux sociaux dynamiques c'est vraiment un thème de recherche intéressant...

samedi 5 juillet 2008

De la nuit du Jabberwock

L'idée que les mathématiques supérieures ouvrent la porte vers d'autres dimensions est un ressort important dans La Nuit du Jabberwock. Oui, ça rappelle Atr*** Arch*** (2004) de Charles Stross, mais Fredric Brown écrivait en 1951 en hommage très explicite à Lewis Caroll: De l'autre côté du mirroir (1871). Voilà un même qui dure. En qualité c'est le plus intéressant des quatre derniers livres revus dans ce blog.

dimanche 29 juin 2008

Le Dirdir, simulacres, le journal d'un ingénu et Atelier 99

Le journal d'un ingénu

C'est une aventure de Spirou et Fantasio par... Émile Bravo. Dans la série des one-shot du héros phare chez Dupuis, Émile Bravo a choisi de scénariser et dessiner une Genèse. Un auteur passé par l'atelier Nawak, l'atelier des Vosges et la Piscine, qui se distingue de ses collègues alters Trondheim, Sfar, Satrapi et compagnie par son usage de la ligne claire classique — il a aussi dessiné pour Okapi. Le scénario est dense, c'est une histoire d'espionage et d'amour à la veille de la seconde guerre mondiale. Et j'aime bien les histoires complètes, où l'on est pas obligé d'attendre trois ans avant le dénouement (ou trente, voir Valérian, XIII...).

Le Dirdir

Troisième volume du fameux cycle de Tschaï, par Jack Vance. L'Aventure y est, mais j'avais plus jubilé en lisant celles de Cugel l'astucieux, et pleuré en lisant Lyonnesse. Peut être que j'ai trop lu de Fantasy ?

simulacres

Des histoires de répliquants aux États-Unis d'Europe et d'Amérique, avec voyage temporel, nazis, cartels et faux semblants. Du Philip K. Dick typique de 1964, halluciné.

Atelier 99

c'est le nom de l'e-boutique où j'ai acheté une chemise sur mesure en ligne 69€ il y a quelque semaines. La coupe est bien ajustée comme il faut, la popeline a tenu les premiers lavages mais à long terme ça a rétréci et j'ai dû recoudre trois boutons c'est pas normal. Et puis ils ne proposent pas le col officier et leur site est bien sans plus. J'irais voir ailleurs la prochaine fois.