
Il reste la rosace magnifique. Les vitraux étaient simples, les moines n'avaient pas besoin des représentations des scènes bibliques comme dans les églises paroissiales populaires: ils savaient lire.

Le batiment était orienté vers Jérusalem. Paul devant l'autel, avec l'hotel en arrière plan. La pelouse c'était celle du cloître, il ne reste des galeries que le plan au sol.

Encore la nef, en vue extérieure. Aujourd'hui des arbres poussent dans le mur ! L'arc de gauche est en plein cintre, le deuxième est un peu ogival, et les suivants encore plus. C'est parce qu'ils ont commencé à construire leur église par le choeur (l'arrière où l'on chante quoi) à la fin de la période romane. D'où le plein ceintre. Au fur et à mesure des années, quand ils ont vu que Saint Denis tenait debout ils ont pris confiance et fini en gothique:

Et pour finir, la grande salle, là où les moines travaillaient. L'église est juste de l'autre côté de la pelouse, on perd moins de temps pour aller prier. Le bâtiment est semi-enterré, ce qui est fonctionnellement absurde en zone marécageuse, mais 1/ il y a étage pour le dortoir et 2/ il faut rester moins haut que l'église donc ils n'avaient pas trop le choix. La salle est modulable avec des tentures. Et bien sûr, les fenêtres c'est du luxe ostentatoire, donc on laissait ouvert l'été (de toute façon vu que c'est humide) et l'hiver on mettait du papier huilé.

C'est après la guerre de 100 ans qu'ils ont commencé à déchoir. Le roi nommait un abbé de commende dont la fonction principale était de percevoir 30%, et qui pouvait considérer que les 70% restant étaient aussi de son bénéfice. Crise des vocations pour se chanter la messe à 2h du matin et trimer toute la journée ! Pourtant on avait assoupli le réglement: le poisson c'est pas de la viande, donc il entre au menu. Et tant qu'on autorise ce qui est dans l'eau, on autorise donc ce qui vit sur l'eau, le canard est donc végétarien. Il y avait même paraît il des avantages en nature pour le frère chargé d'aller faire la messe toute la semaine au couvent de bonnes soeurs d'à côté. Bref c'était pas très catholique tout ça, et heureusement il y a eu les trappistes pour revenir dans le droit chemin quand les cistériens ont décadé.
Après la visite, thé au restaurant du chateau. La suite de la baronne est à 600€, mais il y a des forfaits dîner/nuit accessibles pour un week-end de détente chic (note pour Rose-Anne: en souvenir de notre nuit de noces !).
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