mercredi 7 mai 2008

A propos de la recherche en France et au CNRS en particulier

En ce moment tout le monde y va de son train de propositions de réformes. Ce Gouvernement en action, c'est quasi militaire: Discours présidentiel, ordre de marche pour la Ministre, transmission à la Direction de l'Organisme. Production en parallèle (en préalable aurait été plus logique mais bon) des rapports d'analyse Aubert, Attali.

Une machine bureaucratique à réformer bien rôdée et lancée à fond. On en pense ce qu'on veut, le mécanisme a la légitimité de la nécessité et le mérite de l'efficacité. En plus c'est assez transparent, et semble plutôt honnête parce qu'on ne sent pas la main des transnationales pharmaceutiques, agroalimentaires, d'armement et minières. On ne sent pas trop non plus l'influence de la base, voir SLR et le SNCS. Mais dans tous ces rapports, ils sont obligés d'être polis pour ne pas fâcher. Alors que pour parler clair la recherche souffre des symptomes classiques d'une bureaucratie vieillissante: corporatisme, mandarinat, copinage, absentéisme et compagnie.

Sans langue de bois, pour une recherche libérée:

  • L'État reconnaît la propriété intellectuelle collective des résultats obtenus par les fonctionnaires en exercice et pose l'accès libre aux articles et livres produits comme condition du financement de la recherche.

  • Le recrutement d'un chercheur dans l'université, établissement, école où il a fait sa thèse est interdit.

  • Abolition des campus virtuels, sans murs ou en réseau.

  • Le fonctionariat ayant démontré son extrême inefficacité dans la gestion administrative et technique, il faut en tirer les conséquences:

    • Les laboratoires de recherche confient leur gestion au service le plus capable, qu'il soit dans une université, un organisme, une école ou même privé.

    • L'existence de la gestion déléguée par des sociétés ou coopératives privées est reconnue officiellement.

    • Le rôle positif du portage salarial dans la recherche est admis.


  • La délocalisation dans les pays à bas coût des tâches et projets dématérialisables est encouragée. (vu la nature intellectuelle de notre travail, il y a un gisement !)

  • Au lieu de laisser les équipes se débrouiller, le CNRS propose (et non impose) une offre globale (et crédible, donc externalisée auprès d'un prestataire privé compétent) pour:

    • Email, antispam, antivirus.

    • Hébergement web des entités administratives (délégations) et fonctionnelles (labos, équipes de recherches, projets, chercheurs).

    • Groupware complémentaire: calendriers, contacts, listes, partage de fichiers, wiki

    • Accès générique à une grille/nuage de calcul.

    • Accès un service de stockage/backup, , voir Amazon S3.

    • Accès à un service de partage de code, voir Sourcesup.


  • Le suivi de la production scientifique ne devrait pas être basé sur "demander trois fois par an aux chercheurs de resaisir leur liste de publication intégrale", si sur la confusion volontaire entre Archives Ouvertes et flicage. RePeC author service est capable de trouver les articles sur la toile, propose de les ajouter à mon profil, de m'alerter quand je suis cité...

  • La démotion de chercheur à ingénieur est possible lorsque c'est la réalité du travail accompli (NB: les ingénieurs sont en dessous dans l'échelle de prestige au CNRS mais gagnent plus !). Un ratio de promotions internes dans le sens inverse est assuré aussi.

  • Le CNRS devrait facturer ses projets de recherche, qui sont des missions d'expertise ou de consultation, à des prix de marché réalistes.

  • Les frais généraux prélevés forfaitairement par les laboratoires sur les contrats de recherche sont limités un taux de taxe non confiscatoire.

  • Les investigateurs principaux, même chercheurs titulaires, peuvent s'intéresser financièrement sur les contrats de recherche qu'ils obtiennent et réalisent.

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