- Fiscalement, seules les personnes très proches de la retraite, imposées à des taux élevés et pouvant anticiper une forte réduction de leur impôt au moment du versement de leur cotisation ont intérêt à souscrire au régime PREFON. Mais comme la rente à la sortie est elle même fiscalisée, en fait l'assurance vie est mieux dans presque tous les cas (sauf si gros taux d'impots avant et petit taux après). Comme d'habitude, l'avantage fiscal est un leurre.
- En ce qui concerne le rendement absolu, disons que la performance laisse à désirer. Sur 2002-2007, la hausse de la rente s'est limitée à 5,6 %. Tant qu'à enrichir le gestionnaire de son fonds de pension, autant que ce soit dans le secteur plus concurrentiel.
- Pour le risque, la rente est exprimée en points dont la valeur est librement révisable par l'organisme gestionnaire lui même. Ayez confiance, mais n'oubliez pas quand même que les institutrices sont dans les classes sociales qui vivent le plus longtemps, et qu'on gagne tous en moyenne 3 mois d'espérance de vie par an. Le risque n'est pas que théorique. En 2004 la valeur du point de retraite servi a augmenté de 0,7 % seulement pendant que le prix d'acquisition augmentait de 25,9 %. La cotisation monte, la retraite baisse.
En résumé les régimes retraite spéciaux des fonctionnaires marchent tellement bien que le gouvernement a autorisé les épargnants s'enfuir, alors même le système était prévu pour les lier jusqu'à 65 ans. Pour la PRÉFON, on devrait pouvoir partir vers les PERP généraux à partir du 1er janvier 2010.
Il faudra y penser, parce que pour la faillite du CREF en 2002, j'ai raté le bateau. Avec un mot d'excuse quand même, car les gérants avaient astucieusement fait les choses. Les adhérents n'avaient qu'un mois pour sortir, et c'était pendant les vacances. Je viens moi même de l'apprendre, six ans après. Maintenant ils ont repeint le logo en vert, et changé le sigle en Corem / UMR, mais cela ne change rien au fait qu'ils ont sauvagement amputé les rentes. Bien sûr on ne le dit pas clairement parce que c'est aussi une épargne en points, et que la comptabilité est un art créatif. Par exemple le taux de couverture du COREM selon les règles qui lui sont propres s'élevait à 107,1 % fin 2005, alors que si l'on applique le régime de droit commun le taux de couverture en 2004 atteignait 81%.
Le rapporteur parlementaire résume ainsi l'épisode:
A la fin de l'année 2002, un nouveau régime a succédé au CREF, après l'autodissolution de ce dernier.
Plutôt que de convertir leurs droits dans le nouveau régime à des conditions très défavorables et dans un contexte d'incertitudes majeures sur le rendement des actifs, 70.000 adhérents du CREF sur 400.000 ont alors choisi de se retirer.
Ces anciens adhérents étaient dans leur immense majorité des fonctionnaires aux revenus moyens ou modestes. Ils ont en moyenne perdu plus du tiers de leur épargne en valeur nominale, soit près de 50 % des sommes cotisées si l'on actualise le montant de leurs versements.
Le véritable scandale, monsieur le ministre, résulte d'erreurs majeures commises par les administrateurs de ce système et par les gestionnaires auxquels ils l'avaient confié.
Pas étonnant que l'association des épargnants et le livre de Guillaume Prache soient en colère contre la gestion de la retraite des fonctionnaires. A ce jour 9 dirigeants et administrateurs de la MRFP, dont l'ancien ministre René Teulade, sont encore mis en examen depuis février 2002 pour " abus de confiance", la suite de la découverte d'avantages "non votés par l'assemblée générale".
Vive la République, Vive la France.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire